Du positif, du négatif, du travail surtout.
octobre 31, 2008
Aujourd’hui je me suis lissé les cheveux et je me rends compte qu’ils ont vraiment poussé.
A mon anniversaire mode familial, j’ai reçu 16 carnets, dont des Moleskine et des PaperBlanks. Des bijoux de papiers, et je me demande ce que je vais bien pouvoir en faire. Mais je suis comblée. Sans compter que j’ai encore à choisir quel eeepc prendre…
J’ai compté, j’ai à peu près 1300 pages de droit à savoir. Et je me rends compte que le droit doit plutôt se prendre en licence majeure plutôt qu’en licence parallèle, ouais. Sans compter qu’avec l’histoire de l’art et les lettres, j’ai pas mal de travail déjà (euphémisme). Si j’étais consciencieuse et studieuse, je devrais au minimum bosser 6h par jour, et on conviendra que c’est beaucoup. Trop.
Et je repasse le permis dans 3 semaines….
D’un naturel gnangnan mais profondément sincère…
octobre 28, 2008
…Je dois dire que ce weekend a été fantastique, et que je suis trop heureuse de vous avoir comme amis, vous savez. Laurie est trop belle et fume avec classe, Clad fait très bien les gratins dauphinois et Clo me fait toujours marrer comme une mongole à 5h du mat’. Kév’ est le roi du Caucase, mais surtout le roi du Laser Game (et moi, la reine du score en négatif soit-dit en passant). Aurélie et Antonio sont toujours un couple très marrant, et Jules est définitivement mon cousin préféré.
Merci pour le sublime livre sur Wolfgang Laib, mes nouvelles affaires American Apparel, le carnet Léonard de Vinci, les mouchoirs Famille Pierre-à-Feu, le mini Trivial Poursuit (avec ses 600 réponses qu’on connaît désormais par coeur). Et surtout, merci pour votre présence et pour les sacrifices que vous avez dû faire pour venir (des heures et des heures en train, le ratage d’un partiel…).
Ouais, j’aurais voulu que les grands absents puissent être là eux aussi, j’aurais bien aimé avoir un appartement plus grand pour vous recevoir en grande pompe et inviter tous ceux que je n’ai pas pu inviter par manque de place, et avoir plus du temps à passer avec vous, mais tout compte fait, les fêtes réussies ne sont pas tant que l’argent dépensé et une organisation cadrée, que les personnes présentes et les liens qui se tissent entre tous.
[ bon allez, je retourne bosser comme une tarée, me soigner parce que je suis retombée malade, réviser pour le repassage du permis --> avoir envie de mourir]
[ Je vous aime ]
Going Under
octobre 17, 2008
“En tant qu’objet temporo-spatial du monde, en tant que structure essentielle d’une situation temporo-spatiale dans le monde, je m’offre aux appréciations d’autrui. Cela aussi, je le saisis par le pur exercice du cogito: être regardé, c’est se saisir comme objet inconnu d’appréciations inconnaissables, en particulier d’appréciations de valeur. Mais, précisément, en même temps que par la honte ou la fierté, je reconnais le bien-fondé de ces appréciations, je ne cesse pas de les prendre pour ce qu’elles sont: un dépassement libre du donné vers des possibilités. Un jugement est l’acte transcendantal d’un être vers des possibilités. Un jugement est l’acte transcendantal d’un être libre. Ainsi, être vu me constitue comme un être sans défense pour une liberté qui n’est pas ma liberté. C’est en ce sens que nous pouvons nous considérer comme des “esclaves”, en tant que nous apparaissons à autrui.
Mais cet esclavage n’est pas le résultat -historique et susceptible d’être surmonté- d’une vie à la forme abstraite de la conscience. Je suis esclave dans la mesure où je suis dépendant dans mon être au sein d’une liberté qui n’est pas la mienne et qui est la condition même de mon être. En tant que je suis objet de valeurs qui viennent me qualifier sans que je puisse agir sur cette qualification, ni même la connaître, je suis en esclavage. Du même coup, en tant que je suis l’instrument de possibilités qui ne sont pas mes possibilités, dont je ne fais qu’entrevoir la pure présence par delà mon être, et qui nient ma transcendane pour me constituer en moyen vers des fins que j’ignore, je suis en danger. Et ce danger n’est pas un accident, mais la structure permanente de mon être-pour-autrui.“
[ Sartre, L'être et le néant ]
Mon esprit a été modelé en majeure partie par la lecture de Sartre et d’autres philosophes (du genre André Comte-Sponville) à l’adolescence. Des fois je me dis que j’aurais du rester bien en sécurité auprès d’une réalité incompréhensible.
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Dans la lune au fond de l’eau
octobre 15, 2008
Je les emmerde. On parle de notre société si amorale, notre société si libérée et assouvissant ses désirs comme des besoins, société de pourris égoïstes, mais en fait ils ont tous un bâton de moral planté bien profond dans leur cul qui ressort par la bouche qui déverse ses flots de bienséance et de codes.
Je leur dit, que chacun a une conception et même, à l’intérieur, une manière de vivre et de penser l’amour différemment mais elles ne veulent rien entendre, non non l’amour doit être ça, et ça, et si quelqu’un s’avisait de publier un code civil de l’amour, elles l’achèteraient toutes et satisfaites elles hocheraient la tête, rassurées par ces alinéas de bien faire: c’est bon, je suis rassurée, je l’aime parce que je respecte ces conditions.
Conneries.
Je les dévisage en silence, j’aime attendre les chutes parce que au fond je reste celle qui attend les renversements de situation et les claques dans la gueule des autres, la vie sait très bien le faire sans que j’ai à intervenir, et j’attends comme un Satan qui attend son apocalypse et ses âmes damnées venir le rejoindre
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La complainte de la blanche biche
octobre 14, 2008
En littérature du Moyen-Age, nous étudions les Lais de Marie de France (et n’en déplaise à toi Laure ^^), le cours est absolument fascinant, le livre est super, mais il faut dire qu’on a un prof génial… Ce que j’aime dans cette littérature médiévale, c’est le nombre de significations que l’on peut trouver au détour d’une phrase, d’un mot, qui une fois que l’on est au courant, permet une lecture éclairée de l’oeuvre
Marie de France est une auteure du XIIe, et ses lais, ce sont de courts contes d’amour dans une forme lyrico-narrative. Les thèmes tournent autour de la fine amor (l’amour courtois) et sont des reprises de légendes pour la plupart celtes.
Le lai étudié ce matin, c’est celui de Guigemar, l’histoire d’un jeune vassal insensible à l’amour qui lors d’une chasse blesse à mort une biche blanche qui lui lance une sorte de malédiction: la blessure qu’a occasionné la flèche en ricochant sur sa cuisse ne pourra guérir que lorsqu’il trouvera l’amour. Evidemment, après quelques péripéties, il trouve l’amour grâce à une dame de l’autre monde, qui était en fait la biche. Cependant, une indication du texte laisse à penser que ce lai soit un mythe d’inceste dissimulé, car le prénom de la soeur de Guigemar, “Noguent”, signifie “celle qui a une apparence blanche”.
Et à la fin du cours, le prof (après cette révélation fracassante), nous a fait écouter la chanson de Tri Yann, “la complainte de la blanche biche“, qui se réfère au même réservoir de mythes que le lai de Guigemar.
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Celles qui vont au bois, c’est la mère et la fille
La mère va chantant et sa fille soupire
Qu’a vous à soupirer, ma blanche Marguerite?
J’ai bien trop d’ire en moi, et n’ose vous le dire.
Je suis fille le jour et la nuit blanche biche
La chasse est après moi des barons et des princes
Et mon frere, Renault, qui est encore le pire
Allez, ma mère, allez, bien promptement lui dire
Qu’il arrête ses chiens jusqu’à demain midi
Où sont tes chiens, Renault, et la chasse gentille?
Ils sont deux dans le bois à courre blanche biche
Arrêtes-les, Renault, arrêtes, je t’en prie
Trois fois les a corné de son cornet de cuivre
A la troisième fois la blanche biche est prise
Mandons le dépouilleur, qu’il dépouille la biche
Celui qui la dépouille dit je ne sais que dire
Elle a le cheveux blond et le sein d’une fille
A tiré son couteau, en quartiers il l’a mise
En ont fait un dîner aux barons et aux princes
Nous voici tout sied, hors ma soeur Marguerite
Vous n’avez qu’à manger, suis la premiere assise
Ma tête est dans le plat et mon coeur aux chevilles
Mon sang est répandu par toute la cuisine
Et sur vos noirs charbons mes pauvres os s’y grillent
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(Sachant évidemment que la dévoration est une métaphore très puissante de la sexualité.)
Pour écouter la chanson de Tri Yann (que je me passe en boucle depuis que je suis rentrée de la fac): ici
J’annonce qu’après une période RATM-Mickey Avalon-Pink, je passe à l’ère des chants celtiques et médiévaux.
Leave Them All Behind
octobre 13, 2008
J’ai repéré un joli haut chez Mango. Je me dis qu’il faut absolument que je m’achète le Gym Bag de chez American Apparel (puisque j’ai repris le sport). Je regarde les prix des eeepc puisque au final j’ai abandonné l’idée du Bookeen. Il y a des chouettes trucs sur les sites de ventes privées. Et comme d’habitude de jolies chaussures sur Asos. De beaux sautoirs chez Botw. Dans la liste aussi, réactualiser ma carte des Amis du Musée, de nouvelles toiles, du matériel pour la peinture à l’huile. Des carnets. De la déco pour l’appart.
Mais je n’achète rien. En ce moment je ne vis que de cigarettes et de travail. Qu’on ne vienne pas me dire après que je n’ai aucune volonté, que je suis une sale matérialiste consommatrice accro à la CB (et superficielle par dessus le marché).
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A Cup of Tim, please!
octobre 11, 2008
Cette cool dédidace de Madd à Tim résume assez bien la chose.
Tim, c’est un type qui comme beaucoup de dessinateurs de la Toile, a fait des études artistiques ( arts appliqués et BTS d’architecture intérieure). Aujourd’hui, il profite de ses jobs d’intérimaire pour passer du temps à dessiner.
Je lis pas mal de blogs de gens qui crayonnent leur quotidien, mais là j’avoue que ca faisait longtemps que je n’avais pas eu un coup de coeur pour une de ces personnes. Oui parce qu’il faut dire que malgré leurs spécificités propres, on retrouve sur les blogs un peu toujours la même chose (…surtout les blogs de filles en fait).
Tim fait ses planches avec des feutres tout con (des feutres Casino, même). Il a également créé le mythique site Je suis gothique, grâce auquel il reçoit tout le temps des mails de gothiques qui ont pris ca au premier degré (les gens sont d’une connerie abyssale, c’est navrant). Au delà l’originalité de dessiner avec des feutres lambda, c’est aussi le trait et l’humour/dérision/cynisme de ce type qui font que pour une fois, j’aurais presque envie d’acheter un dessin…
En bref, allez tous faire un tour sur A Cup of Tim =)
In Ikea we trust
octobre 9, 2008
Chaque année, environ tous les six mois, on allait à Ikea-Lyon. Quand les parents nous annoncaient ça, on sautait de joie, parce que ca inaugurait une journée riche en achats. On arrivait vers 11h sur le parking, et on allait manger au Ikea restaurant. Après, on restait quelques heures à flâner dans le magasin, en poussant nos charriots et crayon en main, et c’était toujours un mélange de déception et de soulagement quand on passait à la caisse. Les parents achetaient des spécialités suédoises, et on aidait mon père à charger les cartons dans le coffre. Après, on partait à la Part-Dieu faire les magasins, et puis vers 19h nous repartions la voiture chargée, et on s’endormait dans la voiture.
C’est en souvenir de ces journées là que j’adore Ikea. Et puis Ikea, c’est un peu le H&M du mobilier, pas cher et diversifié, et surtout, pas moche du tout.
Ce qui nous amène bien sûr au génialissime sktech de Gad Elmaleh… (même ma mère, qui n’aime pas les humoristes, aime Gad, c’est dire)
Bon bref tout ça pour dire que cet aprem on va chez Ikea et que j’en suis ravie.
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Calamité publique*
octobre 7, 2008
C’est pas comme si ca me faisait grincer des dents de le voir se tourner les pouces étant donné que sa L1 LLCE Anglais c’est du gâteau. Genre, il dort encore quand je me lève et est déjà rentré quand je reviens.
Je suis tout le temps fatiguée, et pourtant on m’objectera que sur 4 jours de cours je n’ai que deux jours où je dois me lever le matin, mais je répliquerais que je ne fais la grasse matinée que le samedi (et encore!). Je me fais des plannings chargés, non pas par masochisme mais parce qu’il le faut, tout simplement. Le jeudi, je n’ai pas cours, mais je me lève quand même pour aller bosser à la B.U et tous les soirs je dois recopier mes notes sur l’ordi, et continuer les devoirs à faire.
Dans deux semaines, la L1 de droit à distance se met en route et je grince des dents, je n’ai pas l’impression de faire tout ce que j’avais prévu de faire (c’est à dire avoir fini tous les devoirs prévus en ce semestre de L3), d’ailleurs j’aurais fini mon commentaire composé que quelques jours avant le jour des rendus, et ca m’énerve, parce que de toute façon j’ai encore tellement de choses à faire. Les gens disent que la L3 c’est dur, mais y’a rien qui change si ce n’est que je m’y prends désormais à l’avance. Je suis fatiguée et là je dois encore rédiger ma 3e partie alors que j’ai envie de dormir et que demain j’me lève à 06h15
Alors pourquoi
est-ce que je trouve ca si jouissif, dans un sens?
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* je m’excuse envers tous ceux qui ont des cours autrement plus prise de tête que ceux de la fac lettres modernes-histoire de l’art. Genre Y. à Polytech’ et son quota d’heures qui équivaut au triple des miennes. Mais bon merde quoi. Plaignez-moiii
My guy is better than yours
octobre 7, 2008
*Il me fait des pancakes quand je rentre de cours. Il se force à m’accompagner au musée. Il a été adopté par l’ensemble de ma famille, limite j’existe plus pour mes cousins quand il est là. Il se terre sur un coin du lit la nuit parce que quand je dors, je deviens un tyran qui a besoin de son espace vital. Quand il va acheter des clopes, il me ramène toujours un paquet de M&M’s ou un Kinder Bueno. Il est le seul qui me remet les pieds sur terre. Il est comme une meilleure copine quand je lui raconte les derniers potins. Il me dis “tu es belle” sans ironie quand je suis moche. Il ne me juge (pas trop ahah) quand j’écoute David Guetta. Le soir quand je n’ai pas envie de dormir et que j’ai envie de lui exposer de grandes théories existentielles, il garde les yeux ouverts et réfléchit avec moi. Quand je ne veux pas appeler ou répondre au téléphone, il le fait. Je pense souvent à des trucs et je lui sors une phrase qui pour un contact extérieur serait complètement hs, et pourtant il sait directement ce à quoi je pense.
Il sait me mettre de grosses baffes de réalité quand je me monte un peu trop l’esprit, et se métamorphose en cobaye expérimental dans les discussions de filles portées sur le cul, qui sans lui manqueraient d’objectivité. Il possède cette haute dose d’intelligence mêlée de cynisme, mélange explosif teinté néanmoins de générosité et de douceur enfantine, le mélange en est délicieux.
*Ceci est un aperçu infime de ce que cet être a de merveilleux. Bien entendu.
Un garçon c’est bien, une fille c’est chiant.
octobre 5, 2008
Plus tard, je veux avoir un fils.
La plupart des copines rêvent d’avoir une fille, parce qu’elles sont des filles: un enfant c’est comme une poupée, on peut l’habiller comme on veut et le coiffer de même, une fille rêve d’avoir une fille pour laisser libre cours à ses penchants de fillette avec sa poupée Barbie. Une fille c’est joli, on peut lui faire des couettes, lui acheter des petites robes avec des petites chaussures, et puis dans sa chambre on peut mettre des petites fleurs avec du rose, du bleu clair, bref une fille c’est une poupée à la différence près qu’elle marche, qu’elle pleure et qu’elle fait caca (on pourrait cependant dire que les vraies poupées sont maintenant dotées de ces fonctions-là, brrr ca fait penser à Chucky la poupée maléfique).
Un fils c’est bien. Ca rebute parce qu’en ayant un fils on a des options intégrées en plus, à savoir bagarre, énergie excessive et indiscipline. Mais un fils ca coûte moins cher, c’est moins chiant à élever. Le seul passage délicat serait l’adolescence avec les menaces de la drogue et de l’alcool et des jeux vidéos, mais ce sont des problèmes moindres par rapport aux filles et à leurs problèmes de coeur et de rivalité féminine. Sans compter le fait qu’un fils dit pas: J’ai rien à me mettre en gémissant devant son armoire. Et il n’a pas ses règles, ne peut pas tomber enceinte par erreur, c’est cool.
Notre fils, on lui mettras des p’tites Converses aux pieds et son papa lui apprendra à jouer de la guitare et à Zelda. Moi je lui ferais aimer les livres et l’art, mais pas trop parce que sinon il va vouloir entrer aux Beaux-Arts et que son avenir sera ruiné. Il pourra expérimenter plein de sports ce qui fait qu’il ne sera pas persécuté dans la cour de l’école, et j’lui dirais tout ce qu’il faut faire pour séduire une fille (en plus, les techniques sont faciles). Parce qu’à choisir, il vaut mieux qu’il soit un gros salaud (enfin, pas trop quand même hein ) qu’un pauvre frustré. Et dans tous les cas, je serais fière de lui.
Programme de ce weekend:
- Commentaire composé
- Carnet de voyage: aquarelle
- Courses
Je m’en réjouis d’avance, surtout qu’en étant malade je suis un peu amorphe et dehors il fait trop moche. Je ne sais pas si c’est pareil pour tout le monde, en tout cas mes humeurs sont généralement calquées sur le temps qu’il fait. Une journée de merde ne sera jamais une journée de merde s’il y a du soleil. Par contre, qu’il fasse gris ou qu’il pleuve, et mes humeurs suivent. Là ca va, mais faudrait pas que ca dure trop longtemps ou j’vais redevenir méchante.
Vade Retro Asiatica
octobre 1, 2008
Bon. Posons les choses à plat avant de jeter le pavé dans la mare. Mon origine ethnique? L’Asie. Je suis arrivée à 3 mois en France, j’ai une famille de français pure souche (mâtinée de quelques brins germaniques), et je suis donc un pur produit made in France, une Occidentale à 101% qui aime sûrement plus ce pays que toi. Bon.
Et donc, je n’aime pas les Asiatiques.
Ils me font froid dans le dos. Un jour quand j’étais petite (oui enfin, 13-14 ans quoi), j’ai pris l’ascenseur et il était bondé de touristes chinois en goguette. Et je t’avouerais que ça m’a traumatisée. Et à Grenoble, il y a beaucoup d’étudiants étrangers, et dans ces étudiants étrangers, une grosse majorité d’asiatiques. Et si par malheur dans le tram je suis fondue dans une masse de chinois ou de japonais, j’essaie au maximum de me terrer dans mon coin, à prendre mes distances, à les renifler avec méfiance.
Ce qui soulève un paradoxe:
Je suis typée asiatique, donc forcément les gens me prennent comme telle de prime abord. Ca fait 19 ans et trois quart que ca dure, je suis rodée à l’art d’être différente. Et bon gré mal gré, j’ai appris à vivre avec l’idée que j’étais différente. Mais être incluse dans la catégorie asiat girl kawaï bento sushi, ca me fout dans une haine pas possible.
Je veux à la fois continuer à me sentir différente (de toute façon sauf à me refaire la face, je peux pas faire autrement, on est d’accord) et me couler dans le moule occidental, j’en ai marre que les gens me prennent pour une so fresh asiatique qui a forcément des parents asiatiques qui travaillent sûrement dans un restaurant et qui aime forcément les rouleaux de printemps. Ou une petite fleur fragile, car l’Asiatique est bien sûr une fille un peu niaise, douce et naïve, et qui cache bien son jeu de petite cochonne perverse.
En guise d’anecdotes drôlatiques, il y a les inombrables: “Ah t’es coréenne? Vazi parle coréen“, “Mais… comment on fait pour vous reconnaître toi et ta soeur? Oui parce que bon, vous vous ressemblez tous“, “J’aimerais troooop avoir des yeux bridés et un petit nez rond“, “hé la Schnaw!“. Ou encore “vous êtes les plus belles filles de la Terre, vous possédez un charme qu’on a pas” et “j’aime les chattes étroites“. En surnoms, j’ai eu Mulan, Jacky Chan, Nem, geisha, ou autres, tous hautement appréciés bien entendu.
Les gens sont lourds. Vu qu’ils connaissent l’Asie principalement par les mangas, les jeux vidéos, le restau ou les films d’action, c’est dur de vivre des fois. De répéter que nan, j’suis pas chinoise ni japonaise ni taïwanaise et encore moins vietnamienne, nan je n’ai ni les cheveux ni les yeux noirs (tout comme les Ecossais ne sont pas tous roux et les noirs n’ont pas tous une grosse bite), nan je déteste le poisson et oui, je me lisse les cheveux au lisseur parce qu’ils ne sont pas totalement raides.
Alors j’aime pas les Asiatiques, celles qui sont trop cliché, je déteste voir ces filles rire et parler d’une voix suraigüe et maniérée, habillées typiquement asiatique (les trucs improbables, les couleurs acidulées) et qui véhiculent tous les stéréotypes que je suis obligée d’endurer.
Le truc c’est qu’avec l’amour de ma vie, on ira dans quelques années se faire un road trip au Japon: va falloir que je me prépare psychologiquement.



















